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 Guest Blog
 Climate change

Si la jeunesse ne s’exprime pas sur le climat, personne ne le fera à sa place

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Anonymous
Thursday, 24 April, 2014

« Les faits scientifiques sont établis, mais nos dirigeants continuent à faire la sourde oreille. » Aglaé Jézéquel et Noella Nsamwa du think-and-do-tank étudiant CliMates, expliquent comment elles ont rejoint la lutte contre le changement climatique et leurs espoirs de voir un accord ambitieux et équitable être adopté à Paris en 2015.

CliMates est un think-and-do-tank international et étudiant, dédié à la lutte contre le changement climatique. Puisque l’une de nos forces est de rassembler des jeunes d’horizons très variés, nous avons voulu raconter la même histoire à travers deux voix : celle d’Aglaé Jézéquel, étudiante française en climatologie de 22 ans et celle de Noella Nsamwa, étudiante parajuriste congolaise qui vit actuellement aux États-Unis.

Nous sommes toutes les deux mobilisées pour donner au changement climatique la place qu’il devrait occuper dans les débats internationaux.

Pour moi, Aglaé, le changement climatique était d’abord un phénomène physique. Pendant la majeure partie de ma vie, ce problème était rangé dans un coin de mon esprit dans la catégorie « menace vague et distante ». Il aura fallu que je suive un cours sur le sujet – découvrant brutalement l’envergure du défi - pour que je prenne conscience de l’impact que l’humanité a désormais sur l’environnement. J’ai alors compris que je ne pouvais plus ignorer cette menace.

J’ai donc décidé d’étudier la climatologie. En France, l’expertise scientifique a une influence très limitée sur les politiques publiques. Je suis convaincue que nous devons créer une forte synergie entre expertise et politique, en particulier lorsqu’il s’agit du changement climatique. Mon ambition est d’aider à créer ce lien.

Pour moi, Noëlla, la passion pour l’enjeu climatique s’est révélée à l’occasion d’un congrès sur les peuples autochtones.

En tant que citoyenne de la République démocratique du Congo, je suis fascinée depuis longtemps par la différence entre les modes de vie « moderne » et « traditionnel ». Je trouve plus d’authenticité dans le second, une expression plus pure de ce qu’est la vie. Les tribus originelles ont protégé nos forêts pendant des siècles. Je pense que nous devons nous inspirer de ce type d’harmonie entre l’homme et la Terre si nous souhaitons vraiment vivre dans un monde sans gaz à effet de serre. Cependant, en mettant en danger le mode de vie des peuples autochtones, et en refusant de les reconnaître à leur juste valeur, nous nous privons d’une source extraordinaire de sagesse et de connaissance.

Nous venons d’endroits très différents mais nous partageons une frustration commune. Les climatologues confirment, rapport après rapport, ce que les communautés autochtones ressentent depuis longtemps. Les faits scientifiques sont établis, mais nos dirigeants continuent à faire la sourde oreille. Tout en réitérant leur engagement de ne pas dépasser le seuil de 2°C, sommet après sommet, ils prennent des décisions qui les condamnent à échouer.

Nous transformons cette frustration en énergie positive grâce à CliMates, par le biais de recherches collaboratives et de projets de mobilisation – en étudiant, par exemple, les moyens qu’utilisent les indigènes pour s’adapter au changement climatique. Puisque le problème est extrêmement complexe, nous ne pourrons le résoudre qu’en créant des connexions là où on ne les attend pas.

Comme la plupart des “mordus” du climat, nous avons les yeux rivés sur Paris 2015, où les dirigeants du monde entier doivent parvenir à un accord global et contraignant. Ce serait la première fois que des négociations internationales climatiques (les « COP », dans le jargon des Nations Unies), qui se tiennent depuis plus de vingt ans, aboutiraient à un tel accord.

À travers l’initiative COP in MyCity, nous cherchons à décrypter et à démocratiser le processus lent et pourtant vital que sont les COP, en organisant des simulations de négociations dans le monde entier. Notre première priorité pour 2015 est de montrer à des milliers de jeunes, et à travers eux encore plus d’ « adultes », que la conclusion d’un accord mondial est nécessaire, et difficile… mais que cela reste un atteignable.

Notre seconde priorité est de porter un récit qui montre, de manière forte et intelligible, que de nombreux jeunes comme nous n’ont pas peur de vivre dans un monde décarboné. Que nous n’avons plus envie de couper des arbres et d’extraire des énergies fossiles du sol pour (prétendument) « créer des emplois pour la jeunesse ». Que nous sommes prêts à abandonner nos habitudes les plus polluantes pour les remplacer par des styles de vie durables, collaboratifs et innovants. Pas en 2030, pas en 2050 – maintenant !

La tâche est immense, mais nous puisons notre motivation dans cette vérité simple : si la jeunesse n’exprime pas ses inquiétudes et ses aspirations, personne ne le fera à sa place.

Aglaé Jézéquel est étudiante française en climatologie. Noella Nsamwa vient de la République démocratique du Congo et est actuellement étudiante parajuriste aux Etats-Unis. Elles sont membres de CliMates, un think-and-do-tank international et étudiant dédié à la lutte contre le changement climatique.

Cet article a également été publié par le Huffington Post.

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