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 Opinion

Le Conseil des droits de l'homme doit serrer la vis au Sri Lanka

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Anonymous
Monday, 11 March, 2013

"Nous soutenons la mise en place d’une enquête internationale crédible et indépendante sur les violations présumées des droits de l’homme au Sri Lanka" Quatre ans après la fin de la guerre civile au Sri Lanka, le climat est loin d'être propice à la réconciliation au Sri Lanka et la protection des droits de l'homme va en s'amenuisant, écrivent Mary Robinson et Desmond Tutu dans La Tribune de Genève.

« La paix n’est pas l’absence de guerre » : ce proverbe se vérifie aujourd’hui au Sri Lanka.

Quatre ans après la fin de la guerre civile, les routes ont été reconstruites, mais la protection des droits de l’homme va en s’amenuisant. À ce jour, les tragédies personnelles des victimes du conflit n’ont été ni reconnues ni prises en compte. Le climat est loin d’être propice à la réconciliation.

Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, qui vient d’entamer une nouvelle session à Genève, a une occasion unique de faire pression sur les autorités du Sri Lanka afin qu’elles engagent des actions pertinentes. L’an passé, le Conseil a voté une résolution qui a fait date : elle demandait au Sri Lanka d’appliquer les recommandations émises par son propre gouvernement en faveur de l’établissement des responsabilités.

Malheureusement, la situation n’a guère évolué depuis. Le 16 février, Faraz Shauketaly, célèbre journaliste d’investigation, a été grièvement blessé par balles. En janvier, la destitution de Shirani Bandaranayake, présidente de la Cour suprême avait déjà démontré que les autorités n’hésitent pas à bafouer ouvertement l’Etat de droit et l’indépendance de la justice.

Nous soutenons la mise en place d’une enquête internationale crédible et indépendante sur les violations présumées des droits de l’homme par les forces armées sri-lankaises, les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) et d’autres factions rebelles pendant les derniers mois de la guerre civile, au cours desquels jusqu’à 40 000 civils ont été tués, selon l’ONU.

En l’absence de progrès, nous exhortons le Commonwealth à reconsidérer sa décision d’accorder la présidence de l’organisation au Sri Lanka pour 2013-2015. En cette qualité, le Sri Lanka doit accueillir le sommet biennal des chefs de gouvernement du Commonwealth à Colombo en novembre prochain.

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, a déjà menacé de boycotter le sommet. Le parlement britannique a invité son premier ministre, David Cameron, à faire de même. Nous saluons cette position sans détour et rappelons au Commonwealth ses engagements en faveur de la démocratie, de la liberté, de la paix et de l’Etat de droit.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU est une institution encore récente dont la création ne remonte qu’à 2006. Bien d’autres crises, comme la Syrie et le Mali, figurent à juste titre parmi ses priorités. Le cas du Sri Lanka est un test d’une autre nature: celui de la capacité du Conseil à établir les responsabilités des gouvernements, même lorsque la planète tourne son attention ailleurs.

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