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 Opinion

Sans les femmes, pas de paix dans les Grands Lacs!

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Anonymous
Monday, 12 August, 2013

“Les femmes sont mieux à même de jouer un rôle clé pour assurer une paix durable.“ Dans une tribune parue dans Jeune Afrique, Mary Robinson affirme que les femmes œuvrant pour la sécurité et le développement dans les Grands Lacs sont le meilleur espoir de paix pour la région.

Il ne se passe pas une semaine sans que de nouveaux combats soient signalés dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Les violences qui dévastent la région depuis deux décennies ont coûté la vie à plus de 5 millions de personnes. Et pourtant, elles font rarement les gros titres des journaux.

Ce qui me frappe, c’est que plus personne ne semble s’en indigner, malgré le lourd tribut payé par les femmes et les enfants dans cet interminable conflit. Comme je l’ai dit le mois dernier devant le Conseil de sécurité de l’ONU : jamais je n’accepterai que le viol ne devienne la norme.

Lorsque Ban Ki-moon m’a demandé de devenir son Envoyée Spéciale pour la Région des Grand Lacs, je me suis senti une responsabilité particulière envers les mères, les filles et les grand-mères qui, depuis ma première visite dans la région en tant que Président irlandaise en 1994, ont partagé leurs souffrances avec moi à Bujumbura, Bukavu, Goma, Kigali ou Kinshasa.

Ce sont elles qui ont le plus souffert. Et pourtant, j’estime que ce sont aussi ces femmes qui sont le meilleur espoir de paix pour la région.

Lorsque les hommes prennent les armes, ce sont les femmes qui maintiennent le tissu communautaire en temps de guerre. Cela les rend plus fortes et mieux à même de jouer un rôle clé pour assurer un paix durable, comme l’ont montré les exemples de l’Irlande du Nord et du Liberia.

Mon approche ne repose pas seulement sur la participation des dirigeants politiques mais plutôt de la société civile dans son intégralité, et notamment des femmes. Sans leur soutien, aucun accord de peut tenir.

J’estime que l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région, signé par 11 pays africains à Addis Abeba en février 2013, offre une occasion de faire les choses différemment. C’est pour cela que je l’ai baptisé « l’Accord de l’espoir ». J’ai commencé à travailler à sa mise en œuvre à la fois « par le haut », avec les 11 chefs d’Etat signataires, et « par le bas », avec les peuples de la région, qui en seront les véritables bénéficiaires.

Mary Robinson en discussion avec des participantes à la conférence.

Mary Robinson en discussion avec des participantes à la conférence

En tant que première femme à être nommée à un poste d’Envoyé Spécial de l’ONU, je me suis engagée de faire en sorte que les femmes soient représentées à la table des négociations. Le mois dernier, avec le soutien de Femmes Africa Solidarité et de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs, j’ai réuni à Bujumbura plus de 100 femmes de toute la région, y compris les ministres du Genre de la RDC, du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi. Suite à cette réunion, les conséquences tragiques des violences sexuelles seront prises en compte dans les indicateurs que nous développons pour veiller à la mise en œuvre de l’accord de paix.

Je me sens portée par l’énergie des femmes que j’ai rencontrées à Bujumbura. Je compte sur elles pour exiger de leurs dirigeants qu’ils soient à la hauteur des engagements qu’ils ont pris dans le cadre de « l’Accord de l’espoir ».

En tant qu’Envoyée Spéciale, je continuerai à soutenir les initiatives de femmes. Je me réjouis que la Banque Mondiale ait débloqué 150 millions de dollars pour des projets basés sur le genre, en plus du million de dollar déjà alloué à la région. J’invite les donateurs à se montrer encore plus stratégiques dans leur soutien à « l’Accord de l’espoir ». Il est essentiel de pouvoir démontrer les bénéfices économiques d’une paix durable fondée sur le développement – ce que j’appelle les dividendes de la paix.

Presque six mois après la signature de l’accord d’Addis Abeba, les groupes armés continuent à semer la terreur dans l’est de la RDC. C’est inacceptable. Je continue cependant à garder l’espoir que cette fois-ci, avec le soutien de la société civile et avant tout des femmes, nous allons parvenir à restaurer la paix dans les Grands Lacs.

« Je ne suis pas optimiste, je suis prisonnier de l’espoir », a l’habitude de dire mon ami Desmond Tutu, avec qui je siège au sein des Elders. Les femmes des Grands Lacs entretiennent mon espoir pour la région.

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